Pourquoi la résilience ?

 
La résilience de l’enfant, cette capacité à se reconstruire et à se développer malgré les difficultés et les traumatismes vécus, est un des thèmes de recherche essentiels du Bice, qui s’y est même montré précurseur. Stefan Vanistendael, directeur du département Recherche et Développement du BICE nous explique pourquoi.

Il existe des chemins de vie qui nous surprennent de façon positive, des enfants qui grandissent, se développent à travers de très grandes difficultés et se construisent en adultes heureux. Cette capacité s’appelle la résilience. S’il y a les surdoués comme Anne Frank ou Jean-Sébastien Bach, la majorité de ces enfants n’a rien d’exceptionnel et passe souvent inaperçue des professionnels de l’aide psychologique, parce qu’ils vont relativement bien, voire très bien. Leurs vies nous disent clairement : oui, la souffrance existe, mais elle n’est pas toujours gagnante, oui, l’espoir peut rejoindre le réalisme.
Le BICE fut l’une des premières organisations à s’engager sur cette piste, en lien avec des scientifiques et des professionnels de domaines très différents, tentant avec eux de comprendre le phénomène, de reconstituer le puzzle de toutes ces vies qui invitent à l’espoir.
Répondant aux appels des écoles, des médecins, des universités, des aumôneries ou même des prisons, le BICE réalise dans plus de 20 pays des formations, des conférences et des documents comme le livret sur la résilience (traduit en une dizaine de langues) : tout un savoir-faire issu d’une longue réflexion et de l’écoute des plus déshérités.

Si la découverte de sens est vitale pour la résilience, comment exclure la dimension spirituelle de la vie ? C’est pourquoi le BICE s’est engagé à approfondir les liens entre résilience et spiritualité, faisant ressortit le réalisme et l’espoir de la spiritualité chrétienne.

Les droits de l’enfant confirment l’enfant comme personne, mais la résilience aide à mobiliser ses ressources et celles de ses proches. C’est un chemin qui part du réel de notre présent vers un avenir plein d’espoir.
 
Disponibles auprès du Bice :
  • « La résilience ou le réalisme de l’espérance » et « Résilience et spiritualité »
    Stefan Vanistendael
    (Cahiers du BICE)
  • « Le bonheur est toujours possible, construire la résilience »
    Stefan Vanistendael, Jacques Lecomte »
    Bayard Editions
Paru dans : Enfants de Partout n° 100
 
 
.

  

Une question à...

Yves Duteil

Parrain de la campagne HORIZON - enfants privés de liberté
Auteur-compositeur-interprète, maire de Précy-sur-Marne
 

Vous dites écrire avec vos blessures, mais de façon constructive : vous retrouvez-vous dans le concept de résilience ?

 
Y.D. : J’ai commencé à y réfléchir à propos de la maltraitance. Je trouve qu’il est très dangereux de dire que des enfants maltraités deviendront des parents maltraitant: c’est une excuse par avance. Avec ce genre de concept,on fabrique des générations qui s’inscrivent dans cette logique comme une fatalité.
J’ai découvert à l’occasion de la maladie de ma femme Noëlle que l’on pouvait devenir plus fort en traversant une épreuve et trouver des ressources en soi que l’on ne soupçonnait pas. On est tous construits sur des blessures, des fêlures, mais on peut se reconstruire solidement et même plus encore, sur des choses réparées que sur une absence de souffrance. Certains enfants ont vécu des choses tellement traumatisantes que l’on n’imagine pas qu’ils puissent se reconstruire après ça.
Pourtant, c’est incroyable, mais ils y arrivent ! De la même manière, on peut avoir une autre vision de l’avenir de ces enfants que celle de la fatalité. Nous pouvons, je crois, essayer de changer le cours des choses, très modestement, à l’échelle d’une fourmi dans une fourmilière. Quand j’ai écrit “La Tibétaine” pour Ngawang Sangdrol - une enfant en prison, déjà ! - c’était dans le cadre d’une campagne internationale... qui a finalement réussi à la faire libérer. Cela montre bien qu’une action de fourmilière peut arriver à faire bouger même une immense puissance comme celle de la Chine.
Chacun de nous peut revendiquer sa goutte d’eau dans l’océan ou son grain de sable... mais avec toute sa goutte d’eau ou tout son grain de sable !
Je préfère voir l’Humanité comme des jardiniers de l’avenir, plutôt que comme des fatalistes désarmés, des fétus de paille.
 
Paru dans : Enfants de Partout n° 99
 
Inscription à la lettre d'information.
Bice, 70 Bd Magenta F-75010 Paris – France
Site réalisé par Ecedi