Surpris par le sens

 
"Eloge de la faiblesse". Titre d’un livre surprenant dans une société ambiante qui prime souvent le plaisir facile, le calcul utilitaire, la maîtrise du destin et un perfectionnisme qui veut éliminer les faiblesses. Mais un grand succès. Son auteur, Alexandre Jollien, touche un point sensible. Il est philosophe et souffre d’un lourd handicap depuis sa naissance. Dans ses livres il est profond, dans ses conférences il est drôle. Tout le monde semble l’aimer. Il est marié et père de deux petits enfants. Une croissance étonnante, en présence de grandes difficultés, bref, un parcours de résilience.

Le handicap nous confronte tous différemment à nos fragilités. Sacré défi !
Néanmoins nos fragilités sont souvent constitutives de notre humanité. Elles nous invitent à un véritable engagement au-delà de l’admiration facile. Il s’agie d’un des fondements de la résilience. Elles nous rappellent que la vie ne se laisse pas totalement maîtriser, et qu’elle porte un sens qui peut largement dépasser l’utilité immédiate ou le perfectionnisme.
Ce sens nous le ressentons à travers tous les liens positifs, petits ou grands, que nous pouvons établir avec la vie autour de nous… de l’échange amical au silence partagé, de la beauté gratuite d’une rose au projet mobilisateur… au travail, entre amis, et dans nos familles, et même, quand nous cherchons toujours plus loin, l’infini de Dieu.
 
Paru dans : Enfants de Partout n° 110
 
 
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Et si l’espoir était réaliste ?

 

L’abus sexuel d’un enfant, un crime horrible qui laisse des blessures profondes. D’où le souci du BICE pour la prévention, notamment dans ses projets sur le terrain, et dans la mise en œuvre de la CIDE.
Mais que faire quand le mal est déjà fait ? Reste-t-il encore de l’espoir ?
Nous ne pouvons pas revenir en arrière, reconstruire la vie comme elle était avant cet abus. Car la vie est irréversible.
Mais pour autant, l’avenir n’est pas totalement déterminé par le passé.
Accompagné avec attention et bienveillance, l’enfant peut s’ouvrir à une nouvelle étape de vie en dépit des sévices subis ; il entreprend, petit à petit, une nouvelle croissance qui intègre la blessure et la dépasse.
Voilà un processus de croissance à travers des traumatismes : la résilience.
Une meilleure vie peut se construire.
L’espoir est permis. Nous le devons à l’enfant blessé.
 
Paru dans : Enfants de Partout n° 109
 
 
  

Les droits de l’enfant et la résilience : articulation et symbiose

 
Quand le gouvernement du Sierra Leone avait signé la CIDE , elle a démobilisé ses enfants soldats. Mais que faire avec tous ces enfants qui avaient connu les horreurs d’une guerre civile, pire, qui avaient été forcés à y contribuer ? Le Bice participa à une mission pour aider à réaliser cette transition difficile mais nécessaire. Il ne s’agissait pas de faire de ces enfants des assistés, mais de les faire retrouver leur place dans la société. Comment ? Il fallait bien s’appuyer sur une dynamique de croissance à travers les difficultés, bien située dans le contexte local, pour que le processus puisse s’inscrire dans la durée. En un mot : la résilience.

Voilà un exemple de l’articulation entre la résilience et les droits de l’enfant. La CIDE pose un cadre normatif et juridique au-delà des frontières et des pays. Elle précise ce qui est si important pour un enfant que la société le reconnaisse comme un droit. La résilience est la dynamique humaine qui facilite la réalisation de ces droits, surtout pour les plus démunis. Elle permettra aux enfants d’assumer leurs droits. En même temps la CIDE facilite la mise en œuvre de la résilience, car celle-ci se construit toujours dans un contexte social.
 
Paru dans : Enfants de Partout n° 108
 
 
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Le point d’appui positif

 
Des jeunes en Argentine - Arrêtés par la police - Motif : vol avec agression.
L’assistante sociale aurait pu laisser interner ces jeunes « travaillant » dans la rue mais inspirée par la résilience, elle cherche des éléments positifs derrière leur violence avec intelligence, avec patience.
Pour construire une vie, chacun de nous a besoin d’un point d’appui positif et elle le sait. Elle pose des questions : « comment faites-vous pour voler ? ». Ils racontent. Elle se rend compte de leur intelligence mais aussi des risques pour leur vie. Une intelligence à réorienter sur un projet positif, médite t’elle. Et pourquoi le faites-vous? Ils se livrent. Surprise. Ils veulent aider leurs familles à se nourrir. Illégal certes, mais aussi très noble.
L’assistante sociale écoute ; elle sent ces enfants capables d’un engagement fort, construit avec intelligence. Elle essaie alors de bâtir un projet de vie avec les familles et les garçons. Ils apprendront à réparer des motos. Une passion qui permet une réorientation en toute légalité. C’est le début d’une croissance qui surprend en bien, la vie qui se fraie un chemin à travers d’énormes difficultés. Bref : la résilience.
 
Paru dans : Enfants de Partout n° 107
 
 
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