Des leçons d' espoir arrachées à la guerre

 
Partout dans le monde, les enfants sont au cœur des conflits : affamés, blessés, orphelins, réfugiés et même, exploités comme soldats. Souvent, c’est même le droit à la vie qui est menacé. La chute des naissances, ce sont tous ces enfants qui seraient nés en temps de paix. Face au monstre de la guerre, il y a pourtant des sursauts de vie, des chemins de résilience. Pendant la deuxième guerre mondiale, des couples se sont mariés et ont eu des enfants, même sous l’occupation. Non par insouciance, ni souci patriotique, mais par goût de la vie. D’autres en dépit de leurs expériences horribles et leurs cicatrices ont construit leur existence. Que dire aussi de l’héroïsme du peuple qui a subi les violences et qui continue à vivre avec courage et persévérance ? La victoire n’est elle pas aussi de continuer la vie à un moment où tant de forces cherchent le contraire ?Une des plus belles leçons nous vient d’une adolescente sous l’occupation allemande, Anne Frank. Elle refuse de se consoler en pensant que beaucoup de juifs sont encore plus malheureux qu’elle. Elle veut être reconnaissante pour quelque chose de beau qu’elle arrive à trouver dans sa misérable cachette : un petit carré de ciel bleu perçu par la lucarne du grenier. Anne Frank, tragiquement décédée dans un camp de concentration, continue des années après de nous inspirer.
 
Paru dans : Enfants de Partout n°113
 
 
 

La famille - berceau de résilience ?

 
L’être humain, petit ou grand, a besoin de se sentir accueilli, inconditionnellement accepté à travers les aléas de la vie et malgré ses erreurs. Si tout va bien, la famille est le premier lieu d’accueil où l’amour nourrie chacun de nous et nous portera dans l’aventure de la vie. C’est vrai pour le bébé qui fait ses premiers pas, pour l’adolescent qu’il deviendra, le couple qu’il construira, et même, pour le vieillard qu’il sera, soutenu par ses enfants au terme de sa vie.

Cette même acceptation profonde peut aussi se tisser entre les vrais amis. L’autre connaît ma fragilité, il la respecte. Et vice-versa. Nous sommes loin d’une relation dominée par une logique fonctionnelle ou financière, loin du culte des vedettes, loin d’une perfection exigée par notre société et qui blesse par son inaccessibilité nos vies.
Nous nous construisons en partie grâce à notre fragilité – avec beaucoup de pudeur, sans calcul. Ce sont très souvent les relations et les rencontres riches en partage et en confiance qui nous permettront de puiser en nous des forces pour rebondir en cas de coups durs.

Quand la vie familiale ou l’amitié tournent mal, la déception est grande. Souvent, nous constatons que ceux et celles qui n’ont pas connu un tel berceau de vie essaient de le trouver, de l’inventer. Comme Tim Guénard rejeté par ses propres parents, qui s’est reconstruit au fur et à mesure de rencontres positives, pour aboutir à son rêve… le fondement d’une famille.
 
Paru dans : Enfants de Partout n° 112
 
 
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Des racines pour que la vie reprenne…

 
« On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille ». Comme le chante Maxime Le Forestier*, la famille reste le premier lieu où la vie est accueillie. Accueil heureux la plupart du temps, l’enfant y a ses racines et s’y développe. Mais parfois ces racines ne prennent pas ou sont coupées.
Le trafic des enfants est l’un des plus brutaux de ces arrachements. En Europe comme dans le reste du monde, beaucoup de parents sont encore amenés à livrer leurs enfants.
Il ne s’agit pas seulement d’abandon, mais de trahison dont le sens échappe à l’enfant mais dont l’effet est destructeur… et le dessein souvent terrible : il sera couramment victime d’abus et d’exploitation.
Certains comtes comme Le petit poucet illustrent cette peur universelle de l’abandon et la violence faite à l’enfant… Déjà, dans notre tradition biblique, il y a l’histoire du jeune Joseph, vendu par ses propres frères comme esclave. Joseph, qui devenu vice-roi d’Egypte, a pardonné à ses frères. D’autres enfants encore, ayant subi de tels sévices sont devenus des adultes épanouis. Ils ont repris racine dans la vie, souvent grâce à l’accueil d’autres, parfois aussi, en renouant avec leur propre famille.
Ils ont situé leur abandon dans leur histoire, avec lucidité mais sans rancune et ils ont pu construire leur vie. L’homme nous étonne toujours par sa capacité de reprise, le début de la résilience, un processus long et douloureux. Mais d’autres ne peuvent pas se relever. Voilà pourquoi il est nécessaire d’accompagner les victimes, pour qu’elles ne soient plus seules.
 
* Maxime Le Forestier, Etre né quelque part
Paru dans : Enfants de Partout n° 111
 
 
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